Fruit d’une série d’enquête paneuropéennes, le Baromètre de l’Habitat sain 2018 met en lumière les liens entre habitat et santé en Europe.

Cette nouvelle édition passe en revue plusieurs thématiques : poids grandissant du péri-urbain, risques liés au vieillissement du parc immobilier, défis et freins en matière de rénovation immobilière, en particulier dans l’habitat social, et importance d’investir dans des environnements de travail sains et lumineux.

 

La périurbanisation

En Europe, la population installée à la lisière des villes, séduite par le confort et l’espace relatif que procure une maison individuelle, a progressé en moyenne 54 % plus vite que celle des villes entre 1961 et 2011.

La périurbanisation s’explique principalement par la recherche d’une certaine qualité de vie, conjuguée aux caractéristiques du marché immobilier et à d’autres limites de la vie en ville. Dans la mesure où la démographie progresse plus vite à la lisière des villes qu’en leur cœur dans la plupart des pays d’Europe, il est indispensable de se pencher sur les besoins et opportunités que représentent ces communautés en plein essor.

Vétusté du parc immobilier

Dans l’édition 2017 du Baromètre de l’Habitat sain, nous faisions état de la corrélation très nette entre état de l’habitat et état de santé. Or l’Europe est à la tête d’un parc immobilier vieillissant, construit pour les deux tiers il y a plus de 40 ans et dont seulement 10 % entre actuellement

dans les classes énergétiques A ou B. La nécessaire rénovation peut être l’occasion d’améliorations majeures pour la santé, le confort et l’efficacité. En ce qui concerne l’insalubrité, les maisons individuelles ont un bilan plus lourd pour la santé que les logements collectifs et les recherches menées cette année montrent qu’en la matière, c’est l’habitat lui-même qui est cause de maladie plus que la situation économique de l’occupant.

Freins à la rénovation

Même si 71 % des ménages européens seraient en capacité de financer un projet de rénovation échelonnée à hauteur de 75 000 euros, l’argent n’est pas le seul frein à la rénovation en Europe. De fait, rénover ne va pas de soi, même quand les fondamentaux sont bons. Pour accélérer le rythme de rénovation, nous devons faire tomber les barrières les plus courantes, tout en élaborant des politiques efficaces.

Rénover les logements sociaux

La part des logements sociaux varie considérablement d’un pays européen à l’autre, en fonction de la composition de la société et des systèmes de protection sociale. Une personne au faible revenu disponible est par ailleurs plus souvent locataire que propriétaire, ou vit plus souvent en logement social. Sa propension à avoir un défaut dans son logement, tel qu’une fuite de toit ou un problème de chauffage en hiver, est deux fois plus grande. Actuellement, le mal-logement coûte aux pays de l’UE près de 194 milliards d’euros par an : investir dans la rénovation des logements sociaux pour en faire des bâtiments sains est donc une mesure de santé et d’utilité publiques.

Des environnements de travail sains

Après nos maisons, c’est au travail que nous passons le plus clair de notre temps et 36 % des actifs européens en moyenne travaillent dans des bureaux. Le coût de la main-d’œuvre d’une entreprise, qui regroupe les rémunérations et avantages octroyés, représente habituellement environ 90 % de ses dépenses d’exploitation. C’est dire qu’un gain de productivité de ses salariés, même de faible ampleur, peut avoir une incidence notable sur la performance et les coûts d’une entreprise. Dans la mesure où le confort et la salubrité des lieux de travail sont des déterminants de la satisfaction et de la productivité des salariés, un tel investissement devrait couler de source.